Béline a plus de soixante ans et porte le lourd handicap d’une polio infantile. De ce fait, son existence n’a jamais pu se dérouler normalement. Pourtant un surprenant héritage lui fera changer le cours de sa vie. Pourquoi James, son ami écossais qui vient de décéder, lui a-t-il cédé toute sa fortune et cette maison qu'elle habite à Lewis, l’une des plus belles îles des Hébrides extérieures ?
Ils se connaissaient d'un site d’Internet où ils partageaient la même passion des lieux naturels et sauvages. Béline était tombée sous le charme de Lewis où James avait des biens. Sans arrière-pensée, elle lui dit un jour combien elle aimerait y vivre pour fuir l'agressivité de son pays. Il faut croire que ce n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd...
À Lewis, Béline remarque qu'elle se sent de plus en plus mieux. Elle n'est plus oppressée, son esprit respire, son asthme, malgré la rudesse du climat, l'affecte moins.
Contre les grandes baies vitrées de sa maison ronde en bardeaux de bois, d’où elle peut diviser la mer, Béline rédige, dans son fauteuil roulant et sur sa tablette en plexiglas, un journal, parfois des poèmes...
Léguer tant de biens à quelqu’un qui ne vous est pas proche, c’est du grand art d’aimer ! Mais comment rendre ce geste, maintenant qu'il est mort ? Créer c'est aussi aimer, et si la création est bonne, c'est l'être par elle. Le voulait-il, James, devinant ce qu'elle portait en elle ? L'aimait-il dégagée du contrôle des gens qui la fragilisait tant, même le sien ?
Puis Béline va un jour à Paris pour un bilan médical de routine où elle apprend qu'elle est atteinte d'un cancer débutant. Elle retourne dans son île…